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Interview de Hervé MADER de Ykani : réussir le développement d’une agence de property management indépendante

Hervé, vous dirigez une agence au sein d’Ykani, acteur lyonnais historique du property management : comment décririez-vous votre rôle concret dans le développement d’une agence immobilière en plein centre-ville, et en quoi votre parcours de plus de 25 ans a façonné votre manière de piloter ce développement ?

Le terme "Property Management" revêt depuis l'introduction du métier dans les années 1990 - 2000 des réalités qui ont pas mal évolué au fil des années : au début, il s'agissait du métier de l'administration de biens dédié à l'immobilier tertiaire. Puis, afin d'accompagner les investisseurs, notamment institutionnels, il s'est élargi à toutes les classes d'actifs, si bien que l'on parle plutôt d'administration de biens dédiée aux institutionnels. Aujourd'hui, YKANI se concentre sur le métier d'origine, à savoir l'administration de biens tertiaires (bureaux, commerces, locaux d'activité, murs d'hôtels, etc...), qu'il s'agisse de pleines propriétés ou de copropriétés (via des mandats de syndic et/ou directeur d'ASL et AFUL). Aussi, le développement est focalisé sur ce recentrage, en nous positionnant comme un acteur généraliste connaissant parfaitement son domaine d'activité, et s'entourant des meilleurs spécialistes selon les différents sujets et différentes matières. Notre métier est un métier régi par la loi Hoguet. Nous sommes porteur de la carte professionnelle, et souscrivons des assurances et garanties financières ad hoc. Mon expérience chez différents acteurs m'a beaucoup appris et conforté sur ce positionnement. Aussi, notre développement s'opère simplement, par le biais du rappel des fondamentaux, en s'appuyant sur notre sérieux, notre professionnalisme, notre réactivité et notre proactivité. Etre adossé à la plus grosse régie indépendante qu'est GALYO nous permet aussi d'asseoir notre business et renforce notre crédibilité. Notre rayonnement s'étend à l'ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes, et même au-delà se les besoins et attentes de nos clients.

En centre-ville, la pression foncière, la rareté des surfaces et la mixité des usages compliquent fortement la vie d’une agence immobilière : quels sont, à Lyon, les trois défis les plus structurants que vous rencontrez pour développer l’agence, et comment vous y répondez au quotidien avec vos équipes ?

Nous sommes gestionnaires. A ce titre, il y a et il y aura toujours des locaux à gérer, je vise principalement les bureaux et commerces pour notre partie tertiaire. Le premier défi est l'attractivité : si les commerces souffrent tant, c'est principalement du aux évolutions des modes de consommation et des achats sur internent. Pour autant, le besoin de conseil est réel, il convient de relancer l'attractivité des magasins par un accueil et un service qualitatif, pourvu que l'accès, et notamment à la presqu'île, soit amélioré. Le deuxième défi est l'attractivité des locaux par les prix pratiqués : la forte hausse des prix, tant à l'acquisition qu'à la location, a été un réel frein à la dynamique de marché. L'offre s'est ainsi accrue, permettant une certaine stabilisation de prix, voire une inflexion. Le troisième défi est lié à l'investissement, tant pour rester dans les normes règlementaires (j'aurais d'ailleurs pensé que l'horreur vécue à Cran Montana aurait permis d'électro-choc pour contrôler davantage ce qui pouvait être améliorer et procéder à des contrôles qui seraient suivi de fermetures, mais tel n'a pas été le cas, malheureusement....) que pour l'amélioration du confort (climatisation des bureaux par exemple).

Ykani intervient sur des actifs très variés (bureaux, commerces, logistique urbaine, résidences) : en quoi cette diversité est-elle un levier stratégique pour réussir le développement d’une agence de centre-ville, et pouvez-vous partager un cas concret où cette transversalité a fait la différence dans un projet ?

Je me permets de recentrer : notre activité s'opère sur toute classe d'actifs tertiaires, comme je l'ai mentionné plus haut. Nous sommes en centre ville principalement pour l'accessibilité en transports en commun, pratique tant pour les collaborateurs que pour les clients. Le levier stratégique est essentiellement ce qu'impose le fait pour nos propriétaires mandants d'être liés à leurs locataires par un bail commercial. Trop souvent, le locataire est laissé pour compte alors qu'in fine, il participe grandement à la valeur de l'actif : un actif mal entretenu et/ou avec un faible taux d'occupation voit sa valeur s'amoindrir sur le marché, et cela, nous y sommes particulièrement attentifs.

Vous mettez en avant des valeurs de respect, d’authenticité et de solidarité : comment ces principes se traduisent-ils opérationnellement dans la relation avec les commerçants, les investisseurs et les institutions de centre-ville, et en quoi cela influe-t-il sur la performance et la pérennité de l’agence ?

Nous cherchons à nous inclure dans des temps longs. Les valeurs évoquées sont des valeurs qui permettent d'envisager et de parler de partenariats, de relations gagnant-gagnant, nous mettant au cœur de différentes boucles ou relations : tout d'abord, et en premier lieu, dans la relation bailleur - preneur, mais aussi dans tout un circuit économique avec les différents prestataires et fournisseurs. La pérennité de notre agence dépend de toute cette confiance partagée.

La transition écologique bouscule fortement l’immobilier tertiaire : comment intégrez-vous, chez Ykani, les enjeux d’optimisation énergétique, de durabilité et de réduction de l’empreinte environnementale dans la stratégie de développement d’une agence située en cœur de ville, où les bâtiments sont souvent anciens et contraints ?

Nous sommes informés, sensibilisés, et comme je le disais plus haut, nous ne sommes absolument pas sachants : aussi, nous faisons appels à différents spécialistes, essentiellement des bureaux d'étude, et préconisons leur intervention, lorsque les propriétaires ne sont pas déjà bien entourés, ce qui est aujourd'hui rarement le cas tant les enjeux sont majeurs.

Avec votre recul, comment voyez-vous évoluer dans les 5 à 10 prochaines années le modèle d’une agence immobilière de centre-ville comme la vôtre, notamment face à l’essor du télétravail, au e-commerce et à la reconfiguration des centres-villes (mobilités douces, baisse de la voiture, nouvelles attentes des usagers) ?

Comme vous avez pu le deviner dans mes différentes réponses, il est primordial pour gagner en crédibilité de ne pas se disperser et de se recentrer sur les fondamentaux. Etre au cœur de la relation bailleur - preneur, à l'écoute, faire vivre des baux, être réactif, c'est déjà très bien me semble-t-il. J'aime à penser que nos mandants sont satisfait lorsqu'un gestionnaire sait leur parler à 360° de leur immeuble, et non par une petite lorgnette de relation locataires, aspects comptables-financiers ou seulement techniques. Tout s'est en effet beaucoup complexifié, et pousse sans cesse sur des voies qui ne sont pas notre métier d'origine, et il ne me semble pas opportun de se disperser ! Je préfère laisser la place aux spécialistes et m'appuyer sur eux plutôt que de dire que nous savons / pouvons tout faire.

Pour conclure, quel conseil très concret donneriez-vous à un professionnel qui souhaite aujourd’hui lancer ou redynamiser une agence immobilière en centre-ville, et quel état d’esprit doit-il impérativement adopter pour durer dans un environnement aussi exigeant que le cœur de métropole ?

Rester tout simplement sur ses fondamentaux, ne pas se disperser.

Pour en savoir plus : https://www.ykani.immo/

Publié le